Un pays sans perspectives

La très belle victoire d’Angela Merkel prouve que la réduction des dépenses est bien préférable à l'augmentation des impôts !

Une politique courageuse, initiée par un socialiste, Gerhardt Schroeder, et poursuivie par une chancelière CDU a permis à l’Allemagne de redresser son économie et de résorber son chômage. Le contraire de la démagogie et pourtant les citoyens allemands ont compris que c’était l’intérêt du pays. Ils ont plébiscité Angela Merkel qui avait poursuivi ces efforts pourtant bien peu populaires. Qu’en est-il en France aujourd’hui ?

            Le Président, élu il y a à peine plus d’un an, est plus bas dans l’opinion qu’aucun président ne l’a été depuis 20 ans ; le gouvernement semble avoir pour unique objectif de se maintenir au pouvoir en essayant de complaire à toute sa majorité : les écologistes, les syndicalistes, les chômeurs, les jeunes, les assurés sociaux. Il ne prend que des mesures catégorielles qui produisent des effets pervers, comme la généralisation du tiers payant chez les professionnels de santé qui va encore déresponsabiliser les patients, le refus de libérer le dimanche pour certains commerces, la suppression du temps partiel, l’augmentation des emplois aidés qui sont en fait des cache-misères financés par l’Etat.

            Sa seule réponse à la crise c’est d’augmenter les impôts de tous ceux qui en paient, et pas seulement des plus riches : ce sont aujourd’hui tous les ménages, toutes les familles qui sont touchées. Il parle de « pause fiscale » ? On rêve ! Les ménages français qui ont déjà payé 10 milliards d’impôts supplémentaires en 2013, vont payer encore 12 milliards de plus en 2014 : augmentation de la TVA, des cotisations de retraites, des assurances complémentaires santé… Et pour les familles, c’est la peine maximale : nouvelle baisse du quotient familial, suppression des réductions d’impôts pour enfants scolarisés…

            Sans compter la probable augmentation des impôts locaux à venir en raison de la baisse importante des dotations de l’Etat aux collectivités locales, une fois les élections municipales passées, pour financer la coûteuse réforme des rythmes scolaires et les transferts de charges sociales aux départements (APA, Prestation Handicap, RSA) qui ne cessent d’augmenter.

Où va la France avec sa dette qui va atteindre un niveau record en 2014, 1 950 milliards soit 95,1 % du PIB, soit 30 000 euros par Français ? Le déficit public a été réévalué par le gouvernement à 4,1 % du PIB pour 2013, alors que la Commission européenne avait fixé à la France un plafond de 3,9 %. Bercy s'est engagé à le ramener à 3,6 % du PIB en 2014 puis à moins de 3 % en 2015. Mais comment y arriver en refusant toute réforme courageuse et surtout en l’absence de toute perspective de redressement à partager ? Nous avons atteint le record des dépenses publiques des pays développées : 56,7 % du PIB! Tout en étant parmi les plus imposés : 46,3 % de préèvements obligatoires en 2013. La réforme des retraites n’a même pas repoussé l’âge de la retraite à 65 ans ce que font tous les pays européens, certains allant même plus loin. Nous n’avons toujours pas rattrapé l’abaissement en 1981 à 60 ans, qui a plombé durablement les finances publiques.

Nous connaissons les solutions, d’autres pays les ont appliquées avec succès : réduire les fonctions de l’Etat, libérer les entreprises et changer le rapport au travail. Les Français sont prêts à faire des efforts s’ils ont une feuille de route, des perspectives. Quel homme d’Etat en aura le courage ? Quel homme politique pensera plus à son pays et à ses enfants qu’à sa carrière ?

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