La panique n'est pas notre genre à l'UMP!

Le Secrétaire général de l'UMP, Patrick Devedjian évoque pour La Provence les soubresauts d'une opinion publique qui pourrait bien mettre à mal le parti du président de la République à l'occasion des élections municipales. "Notre problème tient à ce que l'aspect people, relayé par une presse marchande, occulte un bilan exceptionnel que Nicolas Sarkozy a réalisé en huit mois", estime Patrick Devedjian.

Interview dans "RTL Soir"

Bonsoir Patrick DEVEDJIAN

Patrick DEVEDJIAN : Bonsoir

Alors ce rapport Attali qui fait décidemment beaucoup de bruit et qui en a fait beaucoup dans la rue hier soir notamment dans le secteur de la porte Maillot. Qu’est ce qu’on en fait ? On le garde ? On l’applique ? On le déshabille peu à peu comme on en a l’impression aujourd’hui ?
Non il y a 314 propositions, vous êtes au courant ! Ensuite on est dans une démocratie c’est-à-dire que c’est le Parlement malgré tout qui vote les lois et les réformes, donc ce qu’a dit Monsieur Attali est très intéressant, c’est un sujet de réflexion sur beaucoup de sujets mais, malgré tout, parfois d’ailleurs, il fixe un objectif sans pour autant fixer les moyens donc on ne peut pas suivre ça aveuglément comme ça, et puis dire : « Monsieur Attali a parlé, silence dans les rangs ! ».

Oui mais c’était presque le préalable, vous vous souvenez de  ce qu’il avait dit ?
Oui

En gros,  « c’est à prendre ou à laisser » quoi.

Interview au journal de 13h

Mauvais temps en ce moment…
Patrick DEVEDJIAN : Vous trouvez ?

On vient de dérouler les évènements qui nous laissent à penser ça !
Oh c’est gentil de se préoccuper de nous comme ça vous voyez, je ne vous imaginais pas comme ça, ça me touche beaucoup. Je vais vous dire, ça va pas si mal que ça d’abord regardez la partielle qui a eu lieu, bon on en a perdu une et on a gagné l’autre et  celle qu’on a perdu on l’avait gagné de justesse la dernière fois … Donc ça va pas si mal, je sais qu’il y a de mauvais sondages mais je suis content qu’il y en ait maintenant, parce que ça mobilise notre électorat et dans le fond il vaut mieux avoir de mauvais sondages avant les élections pour avoir de bonnes élections.

Monsieur Devedjian, tout de même, Nicolas SARKOZY hier a eu un coup de colère en Conseil des Ministres… il avait l’air exaspéré…
Enfin je n’y étais pas et vous non plus d’ailleurs… Mais j’ai entendu ce qu’il a dit, franchement je trouve ça tout à fait naturel, le Président a dit qu’il était à l’écoute semble- t - il des français et qu’il prendrait les mesures qu’ils attendent…Franchement qu’est ce qu’on peut attendre de mieux d’un Chef de l’Etat, je trouve ça plutôt bien, et puis j’ai entendu aussi vos commentaires sur les Parlementaires de l’UMP qui se posent des questions qui interrogent, bien sûr, vous savez c’est une démocratie vivante l’UMP, chacun s’exprime, faut pas s’imaginer quand même que  les Parlementaires doivent rester toute la journée le petit doigt sur la couture du pantalon, ils commentent, ils s’interrogent puis en même temps ils reçoivent des réponses, il y a un débat… C’est un peu comme à France Inter, c’est une démocratie vivante…

Il faut un minimum d'ordre et de discipline

Lassé des couacs de l'ouverture avec des ministres ex-socialistes qui n'hésitent pas à exprimer leur différence, le patron de l'UMP veut une certaine remise au pas. Il souhaite créer une structure englobant les petits partis alliés.

NICOLAS SARKOZY veut une confédération UMP incluant les petits partis créés par les ministres ex-socialistes Eric Besson et Jean-Marie Bockel, qui se sont ralliés au président. Mais l'exercice est délicat et l'annonce par François Fillon a déjà été différée. Une telle super-UMP inspire la méfiance de partenaires hostiles à toute tentative d'annexion, comme les députés (ex-bayrouistes) du Nouveau Centre.

Secrétaire général du parti présidentiel, Patrick Devedjian juge, lui, nécessaire un minimum « d'ordre et de discipline » dans la majorité.

Municipales : Devedjian demande «plus de cohérence»

«Nous devons faire preuve de pédagogie et d'unité, de la base au sommet de l'édifice majoritaire», explique Patrick Devedjian. Pour le secrétaire général de l'UMP, François Fillon pourrait piloter la future instance de coordination voulue par Nicolas Sarkozy.

LE FIGARO. Vous avez déclaré que la défaite de Jean-Pierre Gorges en Eure-et-Loir constituait un «avertissement salutaire». Pour qui ?
Patrick DEVEDJIAN. Pour tous ceux qui répètent que la campagne est uniquement locale. Jean-Pierre Gorges lui-même déclare aujourd'hui que les électeurs ont voulu adresser un message au président de la République. C'est donc bien sur ce terrain-là qu'est l'enjeu essentiel de la bataille. Dans les Hauts-de-Seine, département symbolique s'il en est, Jean-Pierre Schosteck a fait au contraire une campagne très politisée, et il a été élu. La clef de son succès, c'est de s'être comporté en candidat de terrain, loyal vis-à-vis du gouvernement, et d'avoir participé au débat sur les questions locales en s'appuyant sur une thématique nationale.