"M. Delanoë ne veut pas partager la richesse de Paris"

Dans une interview au Monde, Patrick Devedjian, président (UMP) du conseil général des Hauts-de-Seine, revient à la charge, en imaginant la création d'un "STIF d'Etat".


L'Etat doit-il piloter les transports en Ile-de-France ?
L'Etat doit se saisir, d'une façon ou d'une autre, de l'ensemble de la politique des transports dans la région. Le STIF, présidé par Jean-Paul Huchon, n'est pas à la hauteur de la tâche. Dans le cadre du Grand Paris, je propose que l'Etat reprenne en main le STIF et élargisse ses compétences aux grands axes routiers (A86, périphérique...). Il serait alors en mesure de proposer un projet à vingt ans d'équipements, financé bien sûr notamment par les collectivités locales.

"La sortie des 35 heures est un engagement de la campagne électorale"

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Patrick Devedjian.
Patrick Devedjian : Bonjour.

L'UMP, avez-vous dit lundi, demande avec force le démantèlement définitif des 35 heures ? Xavier Bertrand, ministre du Travail, puis Nicolas Sarkozy, président de la République, vous ont désavoué. C'est pas trop dur, ce matin, Patrick Devedjian ?
C'est pas dur d'abord, parce que le Parti de l'UMP, ce n'est pas le gouvernement.

C'est différent ?

C'est différent.

Il est à la pointe...
Et sa vocation, c'est d'être en avant du gouvernement que d'ouvrir des débats, de déminer des débats. Les 35 heures, vous savez, il y a dix ans que la Droite critique les 35 heures. Dix ans. A juste raison parce que les 35 heures, ça a ravagé le pouvoir d'achat, ça pèse aujourd'hui encore pour 15 milliards sur le Budget de l'Etat, c'est-à-dire que l'Etat finance des allègements de charge, c'est-à-dire subventionne pour ne pas travailler. On peut peut-être en faire un meilleur usage de cet...

Donc, vous persistez ce matin, Patrick Devedjian, vous demandez la disparition des 35 heures ?
Bien sûr, c'est un vrai sujet. Bien sûr, c'est un vrai sujet.

Patrick Devedjian : "La communication sur les réformes n'est pas excellente"

François Bayrou dénonce "une manoeuvre de l'Elysée contre le MoDem pour tenter de mettre fin au pluralisme du système politique en France". Y a-t-il une volonté de le "tuer" politiquement ?
Ce n'est pas sérieux ! Il est totalement impossible de museler l'expression démocratique. Que l'Elysée ait pu élaborer une stratégie pour répliquer au MoDem, oui. Le MoDem attaque la majorité présidentielle, le président de la République, l'UMP, nous avons le droit de réfléchir à la manière de lui répliquer. François Bayrou fait une petite "fixette" sur Nicolas Sarkozy. Il devrait se poser quelques questions à lui-même en voyant tous ses amis partir.

Pourquoi une telle désorganisation dans l'annonce des réformes ?

"L'UMP n'est pas une caserne"

Patrick Devedjian : «Notre vocation première est de soutenir les réformes, donc le gouvernement, donc François Fillon et Nicolas Sarkozy.»

LE FIGARO. Quel est l'objectif de cette réorganisation ?
Patrick DEVEDJIAN. -Nous avons voulu donner leur chance aux jeunes talents et rassembler dans l'action toutes les sensibilités. Les villepinistes sont largement représentés, de même que ceux qui se sont exprimés de manière critique pendant la campagne municipale.

Xavier Bertrand, votre nouvel adjoint, est-il là pour vous cadrer ?
Au contraire, il est là pour m'épauler. C'est un soutien puissant qui va m'aider à mettre en œuvre le plan d'action que j'ai proposé au président de la République. Je compte emmener rapidement Xavier Bertrand et Nathalie Kosciusko-Morizet, mes deux nouveaux adjoints, faire le tour des villes où nous avons vécu des échecs, comme Strasbourg, Toulouse et Reims, afin qu'ils mettent leur notoriété et leur force de conviction au service de la relance de notre mouvement. L'UMP doit faire des efforts de pédagogie. À cet égard, la présence de ministres à mes côtés est un atout et me renforce.

Que les électeurs de l’UMP se bougent!

Vous avez tendu la main au MoDem, mais vous saviez qu’il n'y avait pas d’accord global possible...

La question est très simple. M. Bayrou est en difficulté à Pau. Il voulait que notre candidat se retire. C’était possible, nous pouvions en discuter mais à condition qu’ailleurs, le MoDem fasse la même chose. C’est ce qu’on appelle le désistement républicain. Il n’a pas voulu. Bayrou est aujourd’hui le chef d’une armée en débandade.Est-ce que les électeurs peuvent s’y retrouver, entre ceux qui sont alliés avec l’UMP, ceux avec le PS et ceux avec le PC ? Y a-t-il un pilote dans l’avion ?