L'invité de "Dimanche soir politique"

Quel regard portez-vous sur le congrès socialiste de Reims ?
Je suis comme tous les Français, je n'y comprends rien. J'avais cru saisir que les militants avaient voté, que la motion de Ségolène Royal était arrivée en tête, pas de beaucoup, mais enfin qu'elle était en tête. Et il faut tout recommencer. Des motions s'affrontent A, B, C, D, E - étrange façon de nommer des orientations - mais personne ne comprend sur quoi porte le débat. C'est la guerre des chefs

N'est-ce pas la présidentialisation du régime qui conduit à cette évolution ?

«Le PS n'a pas de présidentiable»

A deux semaines du congrès socialiste de Reims, Patrick Devedjian, secrétaire général de l'UMP, analyse le débat au sein du PS. 

La crise financière n'est-elle pas en train de relégitimer la doctrine sociale-démocrate...
C'est plus compliqué que ça. La crise relégitime moins la social-démocratie que la régulation. Or ce dernier concept n'est pas l'apanage des sociaux-démocrates. Les libéraux ne devraient pas oublier que le marché ne fonctionne que s'il est loyal et donc contrôlé. Il n'y a que l'Etat à pouvoir jouer ce rôle. L'absence d'Etat ce n'est pas le libéralisme, c'est l'anarchie.
 
Tout de même Nicolas Sarkozy reprend à son compte des idées clairement marquées à gauche comme le traitement social du chômage...

Il y a six mois, on l'accusait d'être ultralibéral. Aujourd'hui, on lui reproche d'être social-démocrate. La vérité, c'est qu'en période de crise, il n'y a pas de place pour l'idéologie. Il s'agit de mettre tout en œuvre pour limiter l'impact de la crise sur les ménages et les entreprises. L'heure est au pragmatisme. Quand il y a le feu à la maison, on ne rationne pas l'eau.
 
Qui de Bertrand Delanoë, Martine Aubry ou Ségolène Royal serait l'opposant le plus coriace face à Nicolas Sarkozy ?
Le problème n'est pas de savoir lequel serait le plus coriace, mais bien lequel serait le plus utile à la France. J'ai le sentiment qu'aucun ne s'impose à la société française. Précisément en ce moment le débat interne au PS devrait être d'une grande richesse intellectuelle. Or, ce qui me frappe c'est sa vacuité. C'est navrant. Il est vrai que le PS n'a pas de chance puisque les sociaux-démocrates comme les libéraux sont en parfait accord avec la politique de Nicolas Sarkozy ; il est d'autant plus difficile pour l'opposition de construire un projet alternatif.

Invité de Christophe Barbier


La bonne solution c’est que Nicolas SARKOZY redevienne le chef official de l’UMP avez-vous déclaré hier sur lci.fr en constatant que les ambitions présidentielles des plus jeunes, les incitaient à vouloir contrôler le parti. Alors qu’avez-vous voulu dire exactement ?
D’abord je ne suis pas sûr que ce soit la préoccupation numéro un des Français en cette période de crise que les affaires intérieures des partis. Bien sûr, la vie continue pour autant et le fond de notre problème, c’est que nous voulons moderniser notre parti.

Un parti moderne et efficace ça peut aider quand même.
Voilà ça peut aider et puis on regarde ce qui se passe au Parti socialiste, franchement on ne voudrait pas que ça nous arrive. Donc on réfléchit à une meilleure organisation. Nous avons une réflexion stratégique sur la modernisation de notre parti.

Alors la meilleure organisation pour vous, c’est que le président de la République redevienne le président officiel du parti ?
Non, un parti politique a besoin d'un leader et notre leader, pour se faire entendre et pour avoir de la crédibilité, et notre leader naturel c’est évidemment le président de la République. D’abord, parce qu’il est le rénovateur de notre parti, il en est l’inspirateur et puis il faut bien le dire dans toutes les démocraties du monde le chef de l’exécutif, c’est celui du parti vainqueur. Il y a que chez nous où on vit un peu depuis une cinquantaine d’années sur cette hypocrisie.

"Le rôle de l'Etat est de contrôler et de pallier les incendies"

Retrouver l'interview que j'ai donnée aujourd'hui sur LCI.fr .

LCI.fr : Depuis quelques semaines, l'articulation entre gouvernement et la majorité parlementaire se passe mal. Est-ce le résultat de la coproduction législative ?

Patrick Devedjian : Non, c'est le résultat d'une profonde transformation liée à la réforme constitutionnelle. La coproduction est d'abord constitutionnelle. L'ordre du jour de l'Assemblée et du Sénat sont partagés, selon la règle de droit.

Alors maintenant comment s'organise-t-on ?

On est en ce moment dans la phase des essais. Donc parfois ça patine un petit peu mais c'est inévitable. C'est un changement profond qui est encore loin d'avoir produit tous ses effets. A l'avenir, toutes les majorités vont devoir ajuster un nouvel équilibre dans le fonctionnement législatif. Ca ne marche pas toujours du premier coup. Cela prouve que la réforme se met en place.

Devedjian :«Jean Sarkozy agit avec sa propre autonomie»

Pour le président du conseil général des Hauts-de-Seine, «l'unité de la majorité présidentielle doit être exemplaire dans le département du président de la République».
Jean Sarkozy sera élu lundi à la tête du groupe de la majorité du conseil général. Le centriste Hervé Marseille, soutenu par Patrick Devedjian, sera vice-président.

LE FIGARO. Avez-vous été surpris par la candidature de Jean Sarkozy à la présidence du groupe UMP-Nouveau Centre des Hauts-de-Seine ?
Patrick DEVEDJIAN. Le propre d'une direction de groupe, c'est qu'elle suscite plusieurs candidatures. Je n'ai donc pas été vraiment surpris, d'autant qu'Isabelle et Patrick Balkany avaient pris l'initiative d'annoncer la candidature de Jean Sarkozy vingt-quatre heures avant qu'il se déclare.C'était une bonne initiative ?La fonction de président de groupe demande beaucoup de disponibilité et aussi beaucoup d'énergie. Dans le fond, c'est un bon apprentissage pour un jeune homme qui a de l'ambition.