Police et civilisation

Ce soir, pot de départ de l’excellent commissaire de police d’Antony : l’occasion de rendre hommage à ses qualités et à son action, mais aussi de dire combien est difficile le métier de policier.

Difficile parce que, pour chacun de nous, la police n’est jamais là où elle doit être : si on est cambriolé « mais que fait la police ? » et si on est arrêté pour excès de vitesse « la police n’a vraiment rien d’autre à faire ? ».

Difficile parce que, dans notre société confortable, il y a peu de profession comme celle-là où l’on risque sa vie au service des autres : chaque année, nous comptons malheureusement de nombreux policiers morts ou grièvement blessés.

Difficile parce qu’il faut savoir allier la force et l’humanité, éviter la faiblesse comme la violence.

La police est indispensable pour que la loi soit respectée : l’usage de la force publique est le dernier recours pour éviter anarchie et loi du plus fort, loi de la jungle. Mais la police est aujourd’hui toujours suspectée d’abus et doit en permanence justifier ses actes. Elle fait son métier mais elle est contestée et suscite des réactions violentes de la part d ceux-là mêmes qu’elle protège. Que deviendrions-nous sans une police légaliste et républicaine ?

Difficile enfin parce que les exigences professionnelles sont de plus en plus grandes : police scientifique qui exige une formation de haut niveau, contact avec les situations les plus tragiques (meurtre, suicides, violences, expulsions…) qui demandent empathie et écoute sans pour autant s’impliquer sans mesure, rencontre avec les publics les plus divers toujours en demande d’attention et de réponse efficace…

La bonne police dans la ville ("polis" en grec ancien), c’est aussi la civilisation...

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