"L'emploi du conjoint est une pratique courante", Le Figaro, 27 janvier 2016

 
Le député des Hauts-de-Seine juge que la polémique autour de Penelope Fillon est "le degré zéro de la politique". 
 
LE FIGARO. - Que pensez-vous des accusations lancées contre Penelope Fillon?  
Patrick DEVEDJIAN. - Elles sortent maintenant, comme par hasard, pour faire diversion et occulter les fraudes de la primaire du Parti socialiste, alors que l'emploi du conjoint est une pratique courante, et pas seulement au Parlement. C'est le degré zéro de la politique! 
 
Vous souteniez Alain Juppé en octobre parce que vous appréciiez sa «détermination pondérée». Appréciez-vous la «radicalité» revendiquée par François Fillon?  
Le mot radical est ambigu. On peut être déterminé sans être radical au mauvais sens du terme et on peut être radical, au bon sens du terme, sur le plan des réformes. François Fillon me paraît extrêmement pondéré.
Il a raison de refuser d'amender son projet mais il peut adapter ses modalités de mise en œuvre. C'est même assez légitime lorsque l'on va à la rencontre du peuple dans une campagne électorale. En même temps, je comprends qu'il soit ferme sur ses principes. 
 
"Que François Fillon dise à l'occasion et au passage que lui, il est croyant, c'est après tout une chose que le corps électoral a le droit de savoir" 
 
Allez-vous jouer un rôle dans l'équipe de campagne?  
J'ai accepté avec Isabelle Debré de coprésider le comité de soutien des Hauts-de-Seine et nous avons rassemblé la quasi-totalité de nos élus.
J'ai déjà échangé avec François Fillon sur l'avenir des collectivités locales. Je peux apporter ma contribution sur la simplification des structures administratives.
Le fond m'intéresse plus que les apparences. 
 
Vous avez aussi dit «l'identité, c'est mon affaire» pour expliquer votre choix en faveur d'Alain Juppé plutôt que de Nicolas Sarkozy. Avez-vous été choqué que François Fillon mette en avant sa foi chrétienne?  
L'idée qu'on se fait de l'identité est une question qui rejoint souvent l'intime. Je regrette que le sujet soit beaucoup trop à la mode. Mais que François Fillon dise à l'occasion et au passage que lui, il est croyant, c'est après tout une chose que le corps électoral a le droit de savoir. Il faut prendre cela comme un gage de sincérité vis-à-vis des Français. La limite, c'est qu'on ne peut pas motiver une décision politique par une croyance, et il ne le fait pas
 
 

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