Bloc-notes de L’Opinion, «François Fillon, le choix du projet» 15 mars 2017

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Ce qui distingue la démocratie de la monarchie et du pouvoir personnel, c’est que la majorité se constitue sur le choix d’un projet et non d’une personne. La dérive de la VRépublique, combinée à la médiatisation exacerbée, a conduit à un véritable système plébiscitaire. Or, si les Français sont demeurés monarchistes, ils y ont ajouté une dimension régicide. Moralité : dès qu’un homme est présidentiable ou président, tout se conjugue pour l’abattre. Quant à la justice, personne n’a oublié l’avalanche des poursuites retentissantes engagées contre Nicolas Sarkozy pour aboutir à des non-lieux beaucoup plus tard.

On se félicite, à propos de François Fillon, de la célérité de la justice, qui est sans précédent comme tout justiciable aimerait le constater, mais personne n’est dupe de cette savante distillation de faits dont le recensement soudain ne peut être dû au hasard. A trop vouloir prouver, on prouve sa malice ; les Français le comprennent peu à peu. Ce qui compte donc dans le débat présidentiel, c’est de savoir quel est le projet qui permettra à notre pays de se redresser, ce n’est pas le prix du costume du candidat.

Il ne s’agit pas de faire plaisir aux entreprises mais de créer des emplois pour tous les Français

La situation de nos finances publiques reste gravement préoccupante. L’endettement excessif de notre pays, pratiquement à 100 % du PIB, nous met à la merci d’une hausse probable des taux d’intérêt qui alourdirait encore le déficit budgétaire de la France. La part des dépenses publiques dans l’économie, 57 % du PIB, est excessive par rapport aux pays comparables et plombe le dynamisme, l’investissement, et l’emploi de nos entreprises. Seul François Fillon veut s’attaquer à cette plaie. Ignorer ce déficit en continuant à augmenter la dépense et les impôts est suicidaire. Il ne s’agit pas de faire plaisir aux entreprises mais de créer des emplois pour tous les Français. Avec le gouvernement actuel, la dépense a augmenté, les impôts ont augmenté, le chômage a augmenté : c’est ce cercle vicieux que François Fillon veut briser par son projet et ce n’est pas M. Macron, récent locataire de Bercy, qui est crédible à cet égard.

En 1982, la gauche a abaissé l’âge de la retraite de 65 à 60 ans, et à l’époque l’espérance de vie était de 74,5 ans. Aujourd’hui, 35 ans après, l’espérance de vie a augmenté de près de 10 ans mais l’âge légal de la retraite n’a augmenté que de 2 ans et encore contre la gauche et grâce à François Fillon. Rien que pour la dette de l’Etat, cela pèse pour plusieurs centaines de milliards d’euros. Qui a le courage de poursuivre cet indispensable effort de redressement ?

En 1998, la gauche a institué les 35 heures et subventionné les entreprises pour cela. En 2016, la France est le dernier pays européen pour la durée annuelle effective du travail des salariés avec 1 646 heures, mais la première pour les non-salariés qui représentent plus d’un emploi sur dix : ni égalité, ni croissance, mais plus de chômage, contrairement aux discours sur le partage du travail, et un coût budgétaire qui peut être estimé à 200 milliards depuis la création du dispositif. Il est temps de faire sauter ce verrou que personne d’autre que François Fillon ne veut supprimer.

La gauche a créé l’Impôt sur la fortune que la France est seule à avoir installé en Europe et qui, payé par moins de 350.000 foyers, rapporte 5,2 milliards euros en 2015, alors que la fuite des capitaux prive le fisc français d’environ 10 milliards d’euros par an. L’idéologie de la lutte des classes coûte cher. Cet impôt a fait fuir des dizaines de milliers de contribuables qui ont apporté leurs capitaux dans d’autres pays, privant le nôtre d’importants investissements productifs et créatifs d’emplois. Qui d’autre que François Fillon prend les moyens de relocaliser ces investissements en France ?

Elles sont stupéfiantes ces personnalités de droite qui se retrouvent avec Robert Hue, Bertrand Delanoé, Claude Bartolone, Jean-Paul Huchon, Gérard Collomb, Christophe Caresche, Patrick Braouezec, Pierre Bergé, Daniel Cohn-Bendit, François de Rugy, sans compter quelques ministres à venir … aux côtés du conseiller économique puis ministre de l’économie de François Hollande, qui a porté le taux des impôts à 75%. Pour ceux qui n’auraient pas compris, Jean-Pierre Mignard, avocat du président de la République, vient de déclarer : « Dans la future majorité autour de Macron, Hollande jouera évidemment un rôle important ».

Où M. Macron peut-il trouver une majorité cohérente entre une gauche réduite et éclatée et quelques égarés ou déçus de la droite ? Il n’existe que par le dénigrement organisé, orchestré et personnalisé de son adversaire et l’ambigüité de son programme. Cela fait contraste avec la cohésion atteinte aujourd’hui par la majorité de François Fillon dont témoigne le large record de ses parrainages.

Après cinq ans de socialisme, jamais le Front national n’a été aussi puissant et c’est l’ancien ministre de de François Hollande qui va lui faire barrage ? Face à Marine Le Pen et son projet absurde et dangereux qui surfe sur le populisme, il faut une alternative sérieuse, une majorité solide, un projet clair.

 

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