Une critique chaleureuse m’a incité à aller voir le film « L’Exercice de l’Etat ».
Michel Blanc, qui incarne le rôle d’un préfet directeur de cabinet du ministre, sauve le film. Il est remarquable de justesse, d’intériorité, de conviction : un vrai serviteur de l’Etat. Comme ministre, j’ai reconnu l’un des directeurs de cabinet avec lequel j’ai eu la chance de travailler.
Accordons par ailleurs que le réalisateur a su reconstituer l’ambiance et le rythme, sans repos, de la vie ministérielle.
Mais pour le reste, c’est un bavardage bien faible et bien conformiste.Les fonctionnaires ont des valeurs, encore que la notion de conflit d’intérêt ne les bouleverse pas.
Quant aux politiques, il n’y en pas un pour racheter l’autre. Aucun ne se sent porteur de valeur, aucun n’est animé par autre chose que par la poursuite de sa carrière.
Et tout cela est long, long, appuyé, avec deux accidents de la route sanglants qui sont l’alpha et l’oméga du scénario.
Le mépris de la démocratie fait le lit des régimes et des discours autoritaires.
Quand verra-t-on au cinéma des hommes politiques qui croient à ce qu’ils font ? Il y en a pourtant beaucoup, dans tous les partis.

